Le cercle Pouchkine a vocation à contribuer au rapprochement entre la France et la Russie notamment en favorisant un dialogue efficace au sein de la société civile entre les jeunes pousses issues des milieux politiques, économiques, associatifs et culturels.

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Пушкинский клуб призван содействовать сближению между Францией и Россией путём организации эффективного диалога внутри гражданского общества: среди молодых предпринимателей, принадлежащих различным политическим, экономическим,  культурным кругам обеих стран.

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Retour sur la conférence avec Xavier Moreau :

L'économie russe, une économie

au bord de l'effondrement ?

11 janvier 2015

Pierre Gentillet, président du Cercle Pouchkine, introduisant :

La Russie est un objet de tensions et d’interrogations, notamment depuis les années 2000 avec l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine.

S’interroger sur un rapprochement entre France et Russie, ce n’est pas être « Pro-russe » ;  à la différence d’un pro-américain qui prône la prise en otage de la politique étrangère française par les Etats-Unis au nom de leurs intérêts propres.

Il faut garder à l’esprit que les Etats-Unis sont un allié, cependant notre tropisme américain doit être contrebalancé en nouant également des alliances avec la Russie.

Ainsi, vouloir un rapprochement Franco-Russe c’est prôner l’indépendance française en matière de politique étrangère.

 

Xavier Moreau est l’un des 4 parrains du cercle Pouchkine, avec Alexandre Latsa, blogueur et entrepreneur à Moscou, Henri de Grossouvre directeur des collectivités publiques d'une grande entreprise française et écrivain et Thierry Mariani, député Français et président de la Droite Populaire. Il est écrivain et géopoliticien, entrepreneur en Russie vivant à Moscou, franco-russe. Il a notamment écrit "Ukraine, pourquoi la France s’est trompée ?" où il développe par exemple l’idée selon laquelle on ne peut pas comparer les nations française et ukrainienne en terme de solidité et de stabilité.

Xavier Moreau n’est pas économiste  Conférence relativement axée sur de la géopolitique, et accessible. Il a passé 16 ans en Russie, depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000.

 

 

Xavier Moreau : L’économie russe est-elle au bord de la catastrophe ?

 

Depuis 16 ans, on entend régulièrement que l’économie russe est au bord du gouffre, du fait des opérations armées de la Russie contre ses voisins, de son armement et de l’accaparation des richesses par Poutine. Face au non-effondrement de l’économie russe, il faut donc voir pourquoi ce propos est faux mais également ce qui pose tout de même problème dans l’économie russe.

La croissance importante depuis les années 2000 (en moyenne 6 à 8%/an) est portée par deux grands moteurs que sont la consommation sur le marché intérieur russe et l’augmentation du prix des hydrocarbures – profitable à la Russie grâce à la politique fiscale menée par le gouvernement russe.

 

  • Ce qui va mal dans l’économie russe

Après la crise de 2008-2009, une importante reprise économique a été constatée en Russie ; cependant celle-ci a été confrontée à un ralentissement économique depuis 2012 et le rouble a subi une forte dévaluation en 2013 avec la baisse des prix du pétrole. Fin 2015/début 2016, il n’y a toujours pas eu de hausse du prix du pétrole pourtant prévue ; ainsi la Russie a enregistré une forte baisse de son PIB – la Russie espère retrouver en 2018 son PIB de 2014.

Eclaircie au cours de l’été 2015 : la Russie est parvenue à racheter une partie de ses roubles grâce à l’augmentation brève des cours du pétrole afin de reconstituer ses réserves de change (lui permettant la baisse de son taux directeur).

 

De plus, la Russie évolue actuellement dans un contexte global peu favorable : l’économie chinoise tend à se renfermer sur son marché intérieur et la demande en hydrocarbures est en baisse.


Ainsi, la Russie voit actuellement son nombre de pauvres – selon les critères du seuil de pauvreté qui varient d’un pays à l’autre – augmenter, dépassant légèrement le taux français.

De plus, une étude menée sur 20 000 personnes portant sur la pauvreté ressentie montre qu’un tiers des Russes pense ne pas gagner assez pour acheter de quoi se vêtir ; 9% des russes pensent ne pas pouvoir acheter assez à manger et 40% s’estiment pauvres.

La pauvreté et particulièrement la pauvreté ressentie constituent un frein pour le moteur de l’économie russe qu’est la consommation.

 

Les dévaluations du rouble sont également un sujet préoccupant. Il faut premièrement noter que l’économie russe n’est pas centrée sur les hydrocarbures mais relativement diversifiée : ils représentent seulement 11% du PIB russe, 60 à 70% des exportations – considérant le fait que la Russie exporte relativement peu, disposant déjà d’un important marché intérieur – et 30% du budget russe.

Il existe cependant un problème de fiscalité en Russie : le budget russe étant fait en roubles, lorsque le baril n’est pas assez cher en roubles, c’est toute la monnaie qui doit être dévaluée pour ne pas que le budget soit déficitaire.

Cela conduit donc à une certaine volatilité du rouble, soumis aux cours du pétrole, ce qui est un handicap pour les entreprises.

 

 

Le budget russe étant fait en roubles,
lorsque le baril n’est pas assez cher en roubles,
c’est toute la monnaie qui doit être dévaluée
pour ne pas que le budget soit déficitaire.

 

 

Autre problème : le déficit des régions. La Russie en tant qu’Etat est très peu endettée (les EUA sont à 130%, le japon à 250%, la France à 100%), mais les régions se sont beaucoup endettées pour augmenter les salaires des fonctionnaires, suivant une loi du Kremlin. Le risque est donc actuellement qu’elles fassent appel au budget fédéral.

Dans cette situation économique, les Russes recourent peu au crédit en roubles ; c’est particulièrement vrai pour les entreprises russes. En effet, pour lutter contre l’inflation liée à la dévaluation du rouble, deux possibilités s’offrent au gouvernement russe : la hausse du taux directeur du rouble ou une hausse de l’offre, impliquant une hausse de la production.

Le taux directeur russe est actuellement aux alentours de 11%, ce qui est rédhibitoire pour la contraction d’un crédit en roubles. Aussi, les Russes ont tendance à emprunter en dollars ou en euros. Cependant, l’application de la première sanction économique à la Russie consiste en l’impossibilité  de se financer à plus de 30 jours sur les marchés étrangers, ce qui a rendu impossible pour les Russes ces emprunts en devises étrangères ; provocant une contraction  de la consommation russe et donc un ralentissement de l’économie.

Malgré les efforts du gouvernement russe qui tente de faire pression sur les banques pour qu’elles prêtent aux Russes à des taux d’intérêt faibles, la consommation continue de baisser.

Cette baisse du crédit est également à l’origine d’une baisse des investissements des entreprises russes, ce qui est déjà une promesse de ralentissement pour l’économie de demain.

 

Le système russe traverse donc une crise, due au modèle post-socialiste où les grandes entreprises publiques tirent l’économie tandis que devraient être les TPE-PME, qui ne représentent que 25% du PIB russe – conre 50% en France et 60% en Allemagne.

 

  • Sur les sanctions économiques appliquées à la Russie 

Cependant, à long termes, les bénéfices dus aux sanctions économiques seront plus importants que les contraintes qu’elles imposent.

 

En effet, la première sanction – l’interdiction de se financer à plus de 30 jours sur les marchés internationaux – a rendu désormais impossible l’emprunt en euros et en dollars, qui était un véritable handicap pour l’économie russe. La Russie a donc été contrainte de nationaliser la dette des entreprises privées très endettées afin de les soutenir – c’est une preuve de la bonne santé du système économique russe.

De plus, cette première sanction nuit également aux banques françaises qui se sont privés d’un marché de l’argent rentable.

Elle montre cependant l’absence de capitaux privés russes pour financer l’économie (puisque les entreprises sont contraintes d’emprunter en dollars/euro puis d’avoir leur dette nationalisée). Ainsi, la Russie est incapable de drainer l’épargne dans des grandes entreprises privées (assurances notamment) pour financer l’économie à long terme.

Cette tentative de créer des grands fonds privés est à l’origine du projet de Total en Sibérie occidentale ; pour lever des fonds Total a encouragé la Russie à développer son commerce en Asie centrale, profitant de la perte de marché par les saoudiens qui refusent de commercer autrement qu’en dollars tandis que les Russes commercent en roubles ou en yuans. C’est le signe d’une dédollarisation de l’économie mondiale qui affaiblit les EUA.

 

La seconde sanction – l’interdiction d’exporter les chantiers d’exploration des hydrocarbures pendant deux ans – n’a pas réellement d’effet puisque l’exploration se fait sur du long terme. De plus, la Corée du Sud et la Chine, partenaires de la Russie, refusent d’appliquer cette sanction malgré les sollicitations américaines.

 

La troisième sanction – l’embargo sur les technologies militaires russes – empêche les programmes de coopération sur l’armement.

La mise en place de cette sanction explique la réaction sur le Mistral : même si elle ne concernait pas directement le contrat du Mistral, il était difficile de le livrer sous la pression américaine et avec d’autre part l’adoption de cette sanction. De plus, les Russes n’étaient plus réellement intéressés par le Mistral, découvrant qu’il devait être propulsé par des turbines produites par General Electrics.

 

 

Les Russes n’étaient plus réellement
intéressés par le Mistral, découvrant

qu’il devait être propulsé
par des turbines produites
par General Electrics.

 

 

 

Les réactions de la Russie aux sanctions économiques ont porté sur les produits frais : si les occidentaux ont sanctionné sur ce qu’ils ont à vendre, les Russes ont sanctionné sur ce qu’ils achètent : ils en tirent un bénéfice. Leur particularité consiste en leur flexibilité : les sanctions russes ont pour but de limiter l’inflation par l’augmentation de l’offre et donc de la production russe, excluant la production étrangère, aussi les russes se réservent la possibilité de créer de nouvelles sanctions sur de nouveaux produits à partir du moment où il sont capables de devenir autosuffisants  Protectionnisme.

 

  • Pourquoi être optimiste sur la situation économique en Russie ?

Il faut garder un œil critique sur les statistiques : il est par exemple intéressant de constater la différence entre les classements de PIB et de PIB/pouvoir d’achat. Si dans le premier cas la France se classe au-dessus de la Russie, cette dernière est 6ème dans le second classement là où la France n’est que 9ème. La vie est environ 4 fois plus chère en France.

 

La démographie russe est également un atout : la campagne de 2004-2006 pour redresser la démographie russe a fonctionné et depuis 2010 le taux de natalité est supérieur à 2, grâce à l’immigrations des populations russes revenant en Russie et aux politiques de natalité ; depuis 2012 le solde de natalité est supérieur à 0 – il y a plus de naissances que de décès – et le taux de natalité russe est supérieur à ses voisins.

 

Concernant le chômage, le marché du travail russe est relativement souple : les russes préfèrent un mi-temps que de perdre leur emploi, ainsi cela évite une trop grande précarité et permet une reprise rapide de la production (plutôt que de licencier, une entreprise en difficulté passe ses salariés en mi-temps puis de nouveau à plein temps dès la reprise économique).

De plus les Russes n’ont pas de grande tendance à la protestation (si l’on excepte les camionneurs sur l’écotaxe) ; les Russes acceptent l’idée que la situation est liée à la guerre hybride menée par les occidentaux contre la Russie.


Pour le déséquilibre Moscou-Régions, Vladimir Poutine a adopté une mesure surnommée le « capital maternel » : c’est une subvention pour chaque enfant à partir du 3è enfant, très intéressante à la campagne et moins en ville puisqu’à la campagne, cela peut par exemple permettre d’investir dans l’immobilier.

 

Ainsi, on peut dire que le grand point positif actuel dans l’économie russe est le bon diagnostic posé par le gouvernement de Poutine, qui ne souhaite pas de retour du socialisme. Poutine s’est exprimé dernièrement pout la liberté entrepreneuriale et les PME ; le gouvernement russe a adopté en 2015 un moratoire (= suspension) sur les nouvelles taxes sur les PME et a suspendu les contrôles fiscaux sur les PME pour 3 ans, les contrôles fiscaux ayant pour effet de ralentir voire d’arrêter la croissance de l’entreprise. Le gouvernement russe souhaite ainsi permettre l’apparition d’un tissu de TPE-PME russe.

 

L’autre point positif réside dans la baisse des cours du pétrole : à court terme, elle ralentit l’économie russe, mais à long terme cette baisse a un effet mélioratif. Le premier ministre russe affirme que « Les Russes ont été gâtés par un baril à 100 dollars » : tant qu’on a du pétrole, on ne peut s’empêcher de le dépenser, c’est la maladie danoise. Cet argent rapporté sert à tout et le reste de l’économie en pâtit, c’est donc une excellente chose en macroéconomie puisque les Russes n’ont plus d’autre choix que d’être bons.

 

Concernant les sanctions, elles ont un effet très positif sur l’agriculture russe : les sanctions ont donné à la Russie la possibilité de remettre son agriculture à niveau, de contrer l’inflation et de manger mieux – notamment grâce à la réintégration de la Crimée. Le gouvernement russe subventionne la production locale et on estime que d’ici 2 ou 3 ans, la Russie sera autonome en viande de poulet et de porc ; que dans 5 ou 6 ans elle sera autonome en fruits et légumes.

C’est un coup dur pour l’agriculture française puisque même avec la levée des contre-sanctions russes, elle ne pourrait jamais revenir sur le marché russe avec les mêmes prix, l’agriculture russe étant devenue plus compétitive.
On peut généralement dire que les Russes appliquent les sanctions dont ils ont besoin.

Le chocolat, par exemple, représente 35 millions de dollars exportés de la France vers la Russie : si les Russes devenaient demain autonomes sur le chocolat et créaient une sanction, cela représenterait un important manque à gagner pour la production française.

La population russe a donc un retour relativement positif aux sanctions occidentales puisqu’elles lui assurent des subventions pour la production.

Le gouvernement russe a ainsi lancé une « conquête de l’Est » : un hectare de terre est offert à toute personne s’installant en extrême-orient et la Russie opère ainsi un déplacement de ses centres névralgiques et de sa population vers l’Asie.

 

 

Les sanctions ont donné à la Russie la possibilité
de remettre son agriculture à niveau,
de contrer l’inflation et de manger mieux.

 

 

Sur la compétitivité russe, le stratégiste Merry Lynch affirme que les salaires moyens russes en équivalent-dollar étaient autrefois forts, ils sont aujourd’hui inférieurs à ceux de la Chine ou du Moyen-Orient. Or, la Russie est quasiment autonome et a donc un grand intérêt à dévaluer – d’autant plus qu’elle est capable de contrer son inflation. La seule question actuellement est de savoir si l’appareil de production russe est capable de suivre cette compétitivité accrue.

Selon un rapport de la banque mondiale, la Russie reconquiert des parts de marché sur ses marchés intérieurs et extérieurs, des avancées suivies d’investissements – mais pas par les PME. Par exemple, Sanofi produit de l’insuline en Russie et pourra exporter prochainement grâce à la dévaluation russe.


Ainsi, la baisse de la monnaie est bénéfique à la Russie, le problème résidant dans l’inflation. La hausse des taux directeurs asphyxie l’économie russe, ainsi la hausse de l’offre paraît être une meilleure solution : les Russes cherchent donc à augmenter leur production nationale, par exemple grâce à la mise en place de normes nationales comme l’interdiction des OGM.

 

La Russie est toujours en transition post-socialiste, mais elle l’achève pour devenir peu à peu un pays industrialisé développé et capitaliste. Par exemple, le gouvernement russe a fait voter la suppression de 10% des fonctionnaires dans la volonté de réformer l’Etat et de rendre ses administrations plus efficaces, moins lourdes et moins coûteuses.


On peut généralement dire que les Russes n’agissent pas par idéologie mais sont protectionnistes tant qu’ils cherchent à faire remonter leur outil de production agricole et industriel.

 

 

Le gouvernement russe a fait voter
la suppression de 10% des fonctionnaires
dans la volonté de réformer l’Etat
et de rendre ses administrations plus efficaces,
moins lourdes et moins coûteuses.

 

 

 

L’enjeu de l’économie russe est donc avant tout un enjeu politique : c’est celui de l’indépendance économique de la Russie ainsi que de sa suffisance alimentaire.

L’inflation se combat par la production et non pas par des politiques monétaires.

L’arrivée des législatives prochaines est de bon augure pour la continuation de ces politiques ; une victoire des pro-américains est très improbable et les partis du centre sont pour une continuation des mesures protectionnistes.

 

 

Questions du public :

 

  • Y a-t-il une véritable lutte contre la corruption en Russie ?

Actuellement, il est devenu plus profitable de ne pas payer de pots de vins alors que payer les fonctionnaires de police était un acte anodin, voire quotidien. Il en va de même pour les entreprises vis à vis des administrations. Ainsi, la corruption n’est plus un handicap pour la Russie.

Le seul véritable handicap russe actuellement résulte des restes de socialisme : fortes entreprises publiques et étatisme sont encore présents en Russie et représentent un poids pour les TPE-PME.

 

  • Quel est l’avenir des relations entre euro-russes ?

Même les EUA sont très réalistes sur la question : on peut prendre l’exemple des fusées Antarès qui ont explosé avec un moteur ukrainien et ont poussé les Américains à commander pour un milliard de dollars de moteurs russes – les russes n’ayant pas hésité à les vendre.

Ainsi, on peut penser que les relation euro-russes seront prochainement cordiales car les Russes sont avant tout pragmatiques.

Cependant, les EUA ne souhaitent pa une relation privilégiée entre Europe et Russie ; ils ont plutôt intérêt à l’entretien d’un conflit gelé peut-être brisé prochainement par le Royaume-Uni ou la Pologne.

 

  • Y a-t-il une véritable volonté de lancer les PME en Russie ?

Il existe différents projets, par exemple d’écoles type MBA ou de centres de nouvelles technologies ; le problème étant que ce sont souvent des entrepreneuriaux français qui ne sont pas intéressés par la formation mais par la potentialité de création d’un réseau.

Cependant on peut dire que le diagnostic est fait : le gouvernement russe sait qu’il faut que 50% du PIB soit issu des PME.

 

  • Sur le complexe militaro-industriel

Il faut l’optimiser et le mettre dans de grandes structures : il existe actuellement des morceaux d’industrie morts, certains groupes payent des salaires uniquement parce que sinon la ville située au voisinage de l’usine meurt et ainsi ces usines fonctionnent à pertes, c’est un problème de compétitivité pour l’industrie russe.

Ainsi le complexe militaro-industriel russe ne peut pas être un modèle pour autre chose.

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